1. LE DOMAINE DE PITUNILLA
1.1. INTRODUCTION
Le domaine (“hacienda”) des Vaux de Pitunilla (ex Costa Rica) est situé dans les Andes du sud du Pérou, à mi-chemin entre les villes
de Nazca et d’Aréquipa, près village de Chumpi et du bourg de Coracora.
Il s’étend sur plus de 3 km de long de la rivière Tastamayo et du ruisseau Saccsayocc, entre 2700 m et 3000 m d’altitude. Le domaine
est divisé en enclos, qui portent chacun un nom particulier,en langue quechua.
Après de longues années d’abandon, la ferme et les terres ont commencé à être remises en état. Elles se composent aujourd’hui de
cultures variées, de pâturages et d’animaux d’élevage (vaches, ânes, chevaux, moutons, cochons, lapins, cochons d’Inde, poules et canards, oies, pintades, etc.)
Les activités agricoles seront développées et perfectionnées afin de permettre l’autosuffisance alimentaire et la vente de produits
naturels de qualité. Le reste des terres seront reboisées à l’aide d’essences indigènes.
Une partie du domaine, (l’enclos Quirauniyocc, au sud, environ 5 ha) est consacré à la réalisation d’un jardin botanique consacré
spécialement à la flore andine (Jardin botanique Pitunilla).
1.2. LOCALISATION
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District deChumpi, province de Parinacochas, département d’Ayacucho (Andes méridionales du Pérou).
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Position:15º 05’ 16’’ S - 73º 45’ 59’’ O.
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Altitude: 2700-3000 m.
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Superficie: environ 100 ha (3 km x 0,3 / 0,4 km).
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Climat sec. Températures: de 25°C à 30°C le jour et de 4°C à 12°C la nuit. L’année est partagée en deux périodes: la saison sèche ou hiver austral, d’avril à
novembre et la et la saison des pluies ou été austral, de décembre à mars.
1.3. ACCÈS
Le domaine des Vaux de Pitunilla (nom d’un cactus aux fleurs jaunes, en quechua) est situé à 8 km (en ligne droite) au sud du bourg
de Coracora (3200m d’altitude) sur la route de Pausa, en bas du village de Chumpi et en face du village de Huarhua, le long de la rivière Tastamayo.
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Lima – Nazca - Puquio-Chaviña-Coracora: 18h d’autocar (départ de Lima-Villa Maria à 12h, arrivée à Coracora le lendemain, vers 6h du matin. Prix: 40 soles.
Compagnies Sánchez, Lopez, Santa Clara.
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Coracora - Chumpi: 45 mn (microbus ou taxi collectif). Prix: 2 soles.
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Chumpi - Pitunilla-Costa Rica:1h15 à pied.
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Huarhua - Pitunilla-Costa Rica: 20 mn à pied.
Le domaine n’est pas encore accessible par la route. Le chemin de Coracora à Huarhua doit être remis en état en mai-juin 2005 et sera connecté à la nouvelle route
Yauca-Pausa qui mettra la côte Pacifique à quelques heures de la région de Coracora.
En attendant, on peut aussi accéder (en 4x4 ou en autocar) à Chumpi par la vallée de Chaparra qui s’ouvre dans les Andes derrière le port de Chala, au bord du
Pacifique, entre les villes de Nazca et d’Arequipa. Cette route très pittoresque débouche sur le vaste plateau couvert de steppes de “tola” (Baccharis incarum, Lepidophyllum
quadrangulare) à l’ouest et au sud-ouest du lac salé de Parinacochas, en vue du volcan Sarasara.
2. LA PROVINCE DE PITUNILLA
La province tire son nom du lac “Parinacochas”, qui signifie en quechua “flamants roses”, ces oiseaux étant en effet très
abondants sur ce lac. Sa capitale est la petite ville de Coracora, célèbre pour sa fête (Virgen de las Nieves, fin juillet ), sa belle église du XVII° siècle et ses musiciens. La population est
métissée mais le quechua reste la langue quotidienne pour la plupart des habitants de la campagne.
A voir dans la région: le volcan Sarasara, le lac Parinacochas (nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques), les ruines incasiques de
Incahuasi, les bains thermaux de Sanccata, les bois de queñua (Polylepis) qui couvrent les pentes du Sarasara et, plus loin, entre Nazca et Puquio, le parc national de Pampas
Galeras.
3. LE MILIEU NATUREL DES VAUX DE PITUNILLA
Le domaine des Vaux de Pitunilla (ex Costarica) est situé dans les Andes méridionales du Pérou, dans le département d’Ayacucho, près
du village de Chumpi, à 7 km au sud de la petite ville de Coracora, chef-lieu de la province de Parinacochas.
Il s’étend du NO au SE sur une longueur de 3 km et une superficie d’une centaine d’hectares, à flanc de vallée, le long de la
rivière Tastamayo (“la rivière de l’arbre tasta”, Escallonia spp.) et du ruisseau Saccsayocc. L’altitude est comprise entre 3000m et 2700m.
La rivière Tastamayo est un affluent de la rivière Sangarara, elle-même affluent de la rivière Lampalla, affluent de la rivière
Yauca qui se jette dans le Pacifique à Yauca[1]. Le domaine est divisé en enclos, qui portent chacun un nom particulier, en langue quechua.
Comme dans les Andes du sud du versant Pacifique, le climat est sec et ensoleillé. La saison sèche (hiver austral) va d’avril à novembre et la saison des pluies
(été austral) de décembre à mars. Les températures moyennes annuelles à Pitunilla sont de 26°C le jour et de 9°C la nuit. Il ne gèle jamais.
La végétation xérophyte est dominée par le “molle” (Schinus molle, Anacardiaceae), un arbre au feuillage léger, aérien, délicatement aromatique, et au
tronc tortueux (il atteint à Pitunilla son altitude maximale à l’état sauvage : 3000m ). Les arbustes comme la chillca (Baccharis latifolia), le lloque (Kageneckia
lanceolata), le genêt (Spartium junceum), le tantar (Dunalia spinosa), etc. et des cactus comme Trichocereus constitue le reste du « monte ».
La meilleure saison pour l’observation de la flore est la saison des pluies, de janvier à mars. De nombreuses espèces invisibles à la saison sèche (Bomarea
spp., Tropaeolum sp. par exemple) apparaissent alors et beaucoup d’autres fleurissent, comme Delostoma sp., une Bignoniacée aux grandes fleurs roses ou
blanches, Lycianthes lycioides aux corolles lilas, les cactus columnaires Trichocereus aux grandes fleurs blanches (30 cm de large), au parfum de lys, les Puya
pollinisées par le colibri géant (Patagonas gigas) [http://fr.wikipedia.org/wiki/Patagona_gigas] . Plusieurs arbustes fleurissent toute l’année comme le genêt (Spartium
junceum), le lupin sauvage (Lupinus ballianus), la Passiflore pédonculée (Passiflora pedoncularis).
A Noël et au mois de janvier, les lucioles (“ninacara” et “cigarillos”) enchantent la nuit de leurs signaux lumineux.
Ce vallon solitaire, à l’air pur et parfumé, est un lieu d’observation idéal pour les nombreuses espèces d’oiseaux des Andes, notamment la Buse aguia
(Geranoætus melanoleucus), le plus grand Rapace des Andes après le Condor, reconnaissable à sa silhouette triangulaire de papillon de nuit géant ou de cerf-volant. En outre, comme dans
toutes les Andes, les nuits constellées sont magnifiques. On peut notamment admirer , selon la saison, la Voie Lactée, le Centaure, le Scorpion, les Pléiades, le Bouclier d’Orion, Sirius,
Canopus, Achernar, Fomalhaut, la Croix du Sud, les Nuages de Magellan.
4. LA FLORE ET LA FAUNE SAUVAGES
La végétation et la faune sauvages de la province de Parinacochas sont encore mal connues. Les seules données scientifiques proviennent du phytogégraphe allemand
Augusto Weberbauer (1871-1948), de Maria et Hans Koepcke (voir Annexe K), ornithologues allemands qui publièrent une étude sur les oiseaux du lac Parinacochas. Le naturaliste italien Antonio
Raimondi (1826-1890) voyagea également dans la région en 1865-1866, en collectant les plantes, sans donner toutefois de relation détaillée dans son ouvrage El Perú.
FLORE (liste préliminaire)
Schinus molle (molle)
Salix humboldtiana (sauce)
Salix sp. (sauce negro)
Caesalpinia spinosa (tara)
Piptadenia sp. (willka)
Kageneckia lanceolata (lloque)
Dunalia spinosa (tantar)
Escallonia angustifolia (tasta)
Escallonia spp.
Spartium junceum (retama)
Heliotropum arborescens (mamachapa tojallne)
Agave americana (magüey)
Baccharis latifolia (chilca)
Lupinus ballianus (tarwi silvestre)
Delostoma dentatum (Bignoniaceae) (jeroja)
Amaranthus spinosus L. (atajo)
Polymnia sp. (yarita)
Lycianthes lycioides (chachacri)
Chuquiragua rotundifolia
Cortaderia riuduscula (cortadera)
Opuntia ficus-indica (tuna)
Trichocereus sp. (sanki)
Haageocereus Backbg. (uyu)
Ambrosia sp. (marco)
Equisetum giganteum L. (prêle géante)
Puya sp. (tika)
Tillandsia sp.
Usnea sp.
Bomarea dulcis. (uchica)*
Passiflora pedoncularis. (kitatumbo,
fleurs blanches, fruit rond)
Passiflora trifoliata (kitatumbo, fleurs rose-orangé, fruit trilobé)
Mutisia sp. (chinchircuma)
Chuquiragua sp. (intipa saprán)
Carica sp. (jergo)
Acacia huarango (huarango)
Alnus jorullensis (aliso)
Tropaeolum sp. (kitamashua)
Monnina salicifolia (Polygalaceae)
* Le genre Bomarea Mirb. (Alstomeriaceae, Liliaceae), 450 espèces dans le monde dont 76 au
Pérou, a été nommé en l'honneur de J.C. Valmont de Bomare, naturaliste français (1731-1807), auteur du fameux Dictionnaire raisonné universel d'Histoire naturelle, publié en 1764.
OISEAUX
Il y a beaucoup d’oiseaux à Pitunilla en raison des arbres et taillis qui recouvrent une bonne partie du domaine. Le matin, entre 5h et 5h30, leur choeur joyeux
fait suite au silence de la nuit. Les plus communs sont les merles, les Colombidés et les tinamous. Cette première liste très partielle réalisée à partir de nos observations personnelles sur
le terrain depuis juillet 2004 ne donne qu’une faible idée de leur variété:
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Geranoætus melanoleucus, Buse aguia
Buteo poecilochrous, Buse de Gurney
Falco sparverius, Crécerelle d’Amérique
Falcoboenus megalopterus, Caraca
Northoprocta pentlandii, Tinamou des Andes
Bolborhynchus aurifrons, Toui à bandeau jaune,
Bolborhynchus orbygnesius, Toui d’Orbigny
Tyto alba, Effraie
Otus sp. hibou
Streptoprocne zonaris, Martinet à collier blanc
Patagonia gigas, colibri géant
Aratinga wagleri, perroquet
Oreotrochilus sp. colibri
Atticora fasciata, Hirondelle à ceinture blanche
Turdus chiguanco, Merle chiganco
Pheuticus chrysopeplus, Cardinal jaune
Colaptes atricollis, Pic à cou noir
Carduelis crassirostris, Chardonneret à bec épais
Phrygilus punensis, Phrygile de la puna
Zonotrichia capensis, Bruant chingolo
Troglodytes aedon. Troglodyte …
Crotophaga sulcirostris, guardacaballo
Leptasthenura sp.
Flamants roses, aigrettes et bécasseaux de passage.
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FAUNE TERRESTRE
Les mammifères sauvages sont relativement peu nombreux aux Vaux de Pitunilla: la mouffette ou añas en quechua (deux espèces:
Conepatus chinga et Conepatus semistriatus), le renard (Pseudalopex culpaeus), le chat sauvage (deux espèces: Oreailurus jacobita et Lynchailurus
colocolo), parfois le puma (Puma concolor), la belette (Mustela frenata), des chauves-souris et quelques petits rongeurs. Il est
possible d’observer dans les alentours des Cervidés; le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) et, plus haut dans la montagne, le taruka (Hippocamelus antisensis). Les seuls
reptiles, au demeurant assez discrets, sont deux espèces de couleuvres et un lézard (Liolaemus sp). Il existe aussi une grenouille, Gastrotheca pseustes, abondante dans les
cours d’eau.
5. INCENDIES ET ESPRITS DES MONTAGNES
Le versant du vallon situé en face de l’enclos Lopezccata à Pitunilla a été ravagé en décembre 2004 par un incendie causé par des ouvriers qui nettoyaient une
rigole. Le feu a détruit toute la végétation sauf quelques aulnes (Alnus jorullensis), ainsi que plusieurs maisons situées plus haut.
La police n’est pas intervenue. L’affaire a été jugée au village voisin par le “teniente-gobernador” chargé des litiges agricoles mais le propriétaire du terrain
n’a pas été dédommagé.
La population et les forces de l’ordre sont en réalité totalement indifférentes à ces incendies qui se pratiquent sans aucune autorisation et qui ravagent parfois
des dizaines d’hectares dans la montagne.
La coutume dans les Andes est de brûler la végétation à la fin de la saison des pluies pour cultiver la terre ou pour favoriser la repousse du pâturage. Cette
pratique dégénère souvent en incendies dans des zones impropres à la culture ou au pâturage, comme sur ces versants abrupts que la végétation sauvage préserve de l’érosion.
Ces incendies matériellement inutiles pour l’agriculture sont souvent dus à la négligence, mais ils pourraient avoir parfois une explication religieuse ou rituelle
car les cimes des montagnes “cerros” sont magiques, et sont le siège d’esprits appelés “apus” dont il importe de se concilier la faveur lorsqu’on veut cultiver une terre.
Par exemple, lorsqu’on laboure un champ pour la première fois, il arrive qu’on fasse une offrande aux “apus” en brûlant de l’encens (palo santo), de la graisse de
lama et des feuilles de coca sur une petite pierre plate.
Brûler les cimes sauvages chaque année est donc peut-être un rite propiatoire.
6. LA FERME ET LES CULTURES
Le domaine produit actuellement, sans engrais ni pesticides chimiques: maïs
(plusieurs variétés), blé, orge, fèves, luzerne, pommes de terre, quinoa, kiwicha, ainsi que des plantes maraîchères. L’élevage d’animaux domestiques est en
redémarrage (vaches, moutons, cochons, lapins, poules, canards, cochons d’Inde, dindons). Les activités agricoles seront développées et diversifiées,
notamment par l’apiculture, la culture d’arbres fruitiers (ou de lianes comme le tumbo, Passiflora mollissima), de plantes aromatiques (le "cedron ", Aloysia triphylla, ou
"verveine odorante", originaire des Andes et qui pousse particulièrement bien à Pitunilla), afin de permettre l’autosuffisance alimentaire et la vente de produits naturels de haute qualité. Une
petite population native de 'tara" (Caesalpinia spinosa), un petit arbre dont les gousses servent de tannant (en plus de leurs usages médicinaux) depuis une époque reculée,
est cultivée.
8. REBOISEMENT
L’isolement de Pitunill lui a permis de sauvegarder et de multiplier ses arbres, notamment le molle (Schinus molle).
Malheureusement, et comme c’est le cas dans toutes les Andes, le surpâturage a abîmé le terrain, favorisant l’érosion. Un glissement de terrain est survenu il y a quelques années dans la partie
centrale du domaine, déplaçant et tassant plusieurs hectares de terrain vers le bas. Le reboisement s’avère nécessaire pour fixer le terrain, l’enrichir, protéger les cultures du froid et du
vent, favoriser la pollinisation en attirant les abeilles, fournir du bois d’oeuvre ou de chauffage, etc.
Les essences qui seront plantées seront toutes indigènes. Le long des cours d’eau, ce sont l’aulne (Alnus jorullensis), le
saule (Salix humboldtiana), le tasta (Escallonia angustifolia), etc. Sur les pentes, le lloque (Kageneckia lanceolata), la tara
(Caesalpinia spinosa) dont les gousses sont recherchées pour leurs propriétés médicinales, le tarwi sauvage (Lupinus ballianus), le willka (Piptadenia sp.), le huarango
(Acacia huarango) etc., et le long des précipices, le magüey (Agave americana).
Un effort spécial sera fait pour rechercher et acclimater des arbustes et arbres de l’ensemble de la région et d’autres régions des Andes, notamment :
Buddleja, Polylepis, Cantua, Barnadesia, Chuquiragua, Gynoxis, Myrcianthes, Cedrela lilloi, Nicotiana.
9. LE PROJET DE JARDIN BOTANIQUE
“Le bon Dieu nous a laissé trois choses du Paradis: les étoiles, les fleurs et le regard d’un enfant”.
Saint François Borgia
Le Pérou est l’un des pays au monde où la biodiversité est la plus riche: 25000 espèces de plantes, soit 10% de la flore mondiale.
Cependant la géographie accidentée du pays: désert de la côte du Pacifique, cordillère des Andes, forêt amazonienne, rendent leur découverte longue et
difficile.
C’est pourquoi nous avons formé le projet de réunir une partie d’entre elles –les plantes andines de moyenne altitude non amazoniennes- dans un même lieu accessible
au public.
Ce projet qui date de plusieurs années avait été entrepris initialement en Bolivie à Sorata (Le Courrier de la Nature N°188, nov-dec 2000) mais il a dû
être abandonné en raison de la situation insurrectionnelle.
Nous avons trouvé dans cette région des Andes du sud du Pérou de bonnes conditions pour recommencer et nous travaillons de façon normale depuis novembre 2004. La
réalisation du projet s’effectue sous la direction de Pierre-Olivier Combelles, avec le concours de l’Institut Andin d’Études Ethnobiologiques (Paris) et de l’Instituto Andino de
Estudios Etnobiológicos (Lima), deux associations jumelles (site internet: http://i.a.e.e.over-blog.com)
Le jardin botanique Pitunilla, tel que nous l’imaginons, sera à la fois un conservatoire botanique et un parc où l’aspect esthétique sera privilégié.
Le site choisi est l’enclos Quirauniyocc (“le berceau”), situé à l’extrémité SE du domaine, sur un promontoire dominant le vallon du Tastamayo, le ravin du Saccayoc
et la vallée de la rivière Acos au loin. S’étendant sur 5 hectares, il comprend une partie supérieure en forme de cuvette (1,5 ha) et des pentes plus ou moins fortes où poussent actuellement de
beaux exemplaires de molle (Schinus molle), des cactus columnaires (Trichocereus) et de tasta (Escallonia angustifolia).
C’est un ancien cimetière préhispanique, ceux-ci étant toujours installés sur des hauteurs dominant un vaste paysage.
Musée vivant, le jardin botanique regroupera les plantes les plus représentatives des Andes adaptables au climat et à l’altitude de Pitunilla (en commençant par la
flore locale pour passer ensuite à la flore régionale, puis andine en général): arbres, arbustes, plantes cultivées, médicinales, ornementales. L’accent sera mis sur les arbres et arbustes à
fleurs (Cantua, Kageneckia, Chuquiragua, Barnadesia, Fuchsia, Delostoma et Bignoniaceae, Lupinus, etc.) et de cactus,
encadrant des parterres de plantes herbacées sauvages et cultivées (Canna edulis, Salvia, etc.). Nous nous intéressons particulièrement aux espèces pollinisées par les colibris (127
espèces au Pérou, sur 337 dans le monde), pour que le jardin soit en même temps un lieu d’observation de ces magnifiques oiseaux.
Les aménagements du terrain et les plantations ont commencé en décembre 2004: réparation des rigoles d’irrigation, nettoyage du terrain, labourage de certaines
parcelles où ont été semées des cultures andines (pomme de terre, maïs, quinua, kiwicha, cucurbitacées), plantation de clôtures de maguey (Agave americana) au bord des précipices,
premières plantations d’espèces locales rapportées d’excursions botaniques. Une pépinière sera mise en place pendant la saison des pluies 2005-2006 (décembre à mars).
Sur le plan scientifique, nous avons entrepris l’inventaire de la flore locale, qui sera étendu à la région et aux régions voisines. Des publications sont en
cours.
Le jardin botanique honorera particulièrement la mémoire du Pr. Jean Dorst (1924-2001), ornithologue, naturaliste, ancien directeur du Muséum national d’histoire
naturelle de Paris, qui avait étudié les oiseaux des Hautes Andes du Pérou en 1954-1955, pays pour lequel il avait toujours gardé un grand intérêt.
9.1. LE JARDIN DES FLEURS ET DES COLIBRIS
Les oiseaux, et particulièrement les colibris (127 espèces au Pérou, sur 337 dans le monde), sont avec les fleurs la merveille des Andes. Ils sont associés dans la
nature puisque les colibris vivent en butinant les fleurs et permettent ainsi leur reproduction.
Depuis plusieurs années, nous nous intéressons aux plantes andines qui attirent les colibris: la cantuta (Cantua buxifolia), les Mutisia (une
Astéracée grimpante aux splendides fleurs orangées), Abutilon, Barnadesia, Bomarea, Fuchsia, Chuquiragua, Cajophora, Nicotiana, etc.
C’est pourquoi nous privilégierons la plantation de ces espèces à Quirauniyocc, pour offrir le spectacle de ce que les Andes offrent de plus beau.
10. LOGEMENT, CAMPING ET DECOUVERTE DE LA NATURE
Les visiteurs peuvent loger et prendre leurs repas à Pitunilla. La nourriture est préparée avec les produits de
la ferme (pas de pesticides ni d'engrais chimiques). Il est aussi possible de planter sa tente dans l’un des nombreux emplacements du domaine de Pitunilla, au bord de la rivière Tastamayo
par exemple. S'adresser sur place à Don Cirilo.
Pour tous renseignements d'ordre général, nous écrire (pitunilla@hotmail.fr)
Des excursions de découverte de la nature seront organisées à partir de 2008/2009 dans la région de Parinacochas. Consulter le site : http://pumatampu.over-blog.com.
(1) Où se trouvent de vastes et anciennes oliveraies, les plus réputées du Pérou.