Dimanche 24 septembre 2006
 
 
 
 
 
Jean Dorst (1924-2001)
 
Ornithologue et naturaliste français, membre de l’Institut, le Pr. Jean Dorst a été deux fois directeur du Muséum national d’Histoire Naturelle à Paris, où il a dirigé le Laboratoire Mammifères-Oiseaux jusqu’à sa retraite.
Homme de vaste culture, ouvert aux problèmes de notre temps, Jean Dorst a exercé une grande influence en France comme à l’étranger, par ses travaux scientifiques comme en alertant l’opinion publique sur les dangers qui menacent l’équilibre naturel de la Terre. Son ouvrage le plus célèbre, “Avant que nature ne meure” (1965) a été traduit en 17 langues. Il répétait souvent que “l’homme n’est pas l’héritier du patrimoine laissé par ses ancêtres, mais le simple usufruitier de celui qu’il emprunte à ses descendants”.
De novembre 1954 à mai 1955, Jean Dorst avait effectué une mission dans les Andes du Pérou, invité par le Dr. Jehan Vellard (ethnologue et naturaliste, fondateur et premier directeur de l’Institut Andin d’Études Andines), pour y étudier les oiseaux d’altitude et notamment les colibris. Il avait toujours gardé la nostalgie de ce pays fascinant, pour lequel il manifestait un intérêt spécial.
Jean Dorst avait apporté son soutien aux travaux et aux voyages de Pierre-Olivier Combelles, son disciple au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, et de Katia Kusiqoyllur Humala-Tasso, d’abord dans le Labrador québécois, puis dans les Andes où il s’était enthousiasmé pour leur projet de jardin botanique.
L’allée principale du domaine des Vaux de Pitunilla-Costa Rica menant au site du jardín botanique porte son nom (Allée Jean Dorst) et le projet de “jardin des colibris” lui est dédié
 
La conquête de la région de Parinacochas et du Pumatampu par l'Inca Maita Capac
 
L’Inca (Maita Capac) fit une entrée triomphale dans la ville principale nommée Allca. De là il passa à d’autres grandes provinces appelées Taurisma, Cotahuasi, Pumatampu, Parihuana Cocha, c’est-à-dire “lac aux flamants roses”, parce qu’en un lieu désert qu’il y a dans cette province on trouve un grand lac. Dans la langue des incas, on appelle cocha la mer et n’importe quel lac ou mare; et parihuana, les oiseaux qui en Espagne portent le nom de flamants; de ces deux noms ils n’en font qu’un, disant Parihuana Cocha, avec lequel ils désignent cette province qui est grande, belle et fertile, et abondante en or. Les Espagnols l’appellent Parina Cocha. Pumatampu veut dire réservoir de pumas; c’est un mot composé de puma et de tampu, qui signifie réservoir. Ce nom fut sans doute doute donné à ce lieu parce qu’il y eut à une certaine époque dans cette province quelque fosse aux pumas, ou parce qu’il y avait plus de pumas qu’ailleurs.
 
(Inca Garcilaso de la Vega, Comentarios Reales, Libro tercero, IX : Gana el Inca muchas y grandes provincias y muere pacifico).
 
Du molle *
 
Les arbres à gommes et résines salutaires que l’on trouve dans ces Indes sont innombrables; je traiterai seulement ici des plus connus, en commençant par celui qu’on appelle molle dans ce royaume du Pérou, qui est un arbre très connu et qui pousse dans les terres tempérées et chaudes. Il est de la taille d’un olivier, et d’ici aux régions plus basses, on en rencontre de différentes grandeurs, il est d’un aspect agréable, d’un vert clair et sa feuille est semblable à celle de du lentisque, bien que plus mince. Il donne des fruits en grappes colorées, de la taille de ceux du sureau, avec lesquels les indiens font de la chicha**, et celle-ci est si forte, qu’elle saoûle plus que celle qui se fait avec le maïs ou d’autres grains,et les indiens l’estiment particulièrement. Dans cette espèce d’arbres il y a des mâles et des femelles; le mâle est celui qui donne les fruits dont j’ai parlé (...). Le molle est un arbre incorruptible, son odeur est aromatique et son tempérament est chaud (...), très estimé des indiens pour ses propriétés merveilleuses. En faisant quelques entailles sur le tronc et les branches, on fait sortir une résine blanche et aromatique qui servait pour embaumer et conserver à l’abri de la corruption les corps des rois incas, lorsqu’ils les mettaient dans leurs tumuli ou tombeaux (...).
 
Padre Cobo, Historia natural de las Indias, Capitulo LXXVIII. Traduction: P.-O. Combelles.
 
* Schinus molle (Anacardiaceae)
**boisson traditionnelle des Andes faite à partir de grains (maïs, orge, arachide, etc.)
 
Quelques plantes cultivées d'origine américaine
 
Agaves (Amaryllidacées)
Ananas: Ananas cosmosus (L.) Merr.
Annone: Annona cherimola Miller
Anthurium: Anthurium andracanum Linden et André
Arachide: Arachis hypogaea L.
Avocat: Persea americana Miller
Bégonia: Begonia spp.
Bougainvillée (Bugainvillea)
Cacao :Theobroma cacao L.
Calceolaire: Calceolaria x hybrida Forbes
Canna: Canna indica L.
Capucine: Tropaeolum majus L.
Coca: Erytoxylum coca Lam.
Coeur de palmier pinot: Euterpe oleracera C. Martuis
Coqueret du Pérou: Physalis peruviana L.
Coton: Gossypium arboreum L.
Cucurbitacées (courge, courgette, citrouille)
Dahlia (Dahlia rosea Cav.)
Dieffenbachia: Dieffenbachia seguine (Jacq.) Schott
Figuier de Barbarie: Opuntia coccinellifera Salm-Dyck
Frangipanier: Plumeria rubra L.
Fruit de la passion: Passiflora edulis Sims.
Fuchsia: Fuchsia x hybrida Hort. Et Vilm.
Goyave: Psidium guajava L.
Haricot: Phaseolus vulgaris L.
Kiwicha:Amaranthus caudatus L.
Maca: Lepidium meyenii Walpers
Maïs: Zea mays L.
Manioc: Manihot esculentum Miller
Oca: Oxalis tuberosa M.
Oeillet d’Inde: Tagetes erecta L.
Papaye: Carica papaya L.
Patate douce: Ipomoea batatas (L.) Lam.
Pétunia: Petunia x hybrida Hort. Et Vilm.
Philodendron: Monstera deliciosa Liebm.
Piment vert et rouge: Capsicum annuum L.
Poinsettia: Euphorbia pulcherrima Willd. Et Klotczk
Pomme de terre: Solanum tuberosum L.
Quinua: Chenopodium quinoa Willdenow
Tabac: Nicotiana tabacum L.
Tomate: Lycopersicon esculentum Miller
Topinambour: Helianthus tuberosus L.
Tournesol: Helianthus annuus L.
Vanille: Vanilla planifolia L.
Zinnia: Zinnia elegans Jacq.

 
 
 
 
Le jardin d'or de l'Inca au Cuzco
 
“Ce jardin, qui fournit à présent le couvent en légumes, était au temps des Incas tout d’or et d’argent, comme ceux qui existaient dans les palais royaux, où il y avait quantité d’herbes, de fleurs de diverses sortes, d’arbrisseaux, de grands arbres, d’animaux grands et petits, féroces et apprivoisés, de bêtes qui rampent, telles que serpents, lézards et limaces, de papillons, d’oiselets et d’oiseaux de proie. Chaque objet était placé de façon à représenter son modèle avec le plus de vérité. Il y avait un grand champ semé de maïs et de quinua, de légumes divers et d’arbres fruitiers avec leurs fruits tout en or et en argent, grandeur naturelle; on voyait aussi des tas de bûches en or et en argent, comme dans la maison du roi; de grandes statues d’hommes, de femmes et d’enfants, moulées dans les mêmes métaux, quantité de greniers qu’ils appellent pirua, le tout pour l’ornement et la plus grande majesté de la maison du Soleil, leur dieu”.
 
Inca Garcilaso de la Vega, Commentaires royaux sur le Pérou des Incas (1609).
 
 
 
La vocation du naturaliste-explorateur, par Alexandre de Humboldt

 
“Le désir que nous avons de contempler certains objets ne dépend pas seulement de leur grandeur, de leur beauté et de leur importance: il se rattache, dans chacun de nous, aux émotions fortuites de notre jeunesse, à nos premières préférences pour telle ou telle occupation, à l’impatience qui nous fait tendre vers les choses lointaines et rechercher les accidents d’une vie agitée. Ces désirs prennet d’ailleurs d’autant plus de force qu’il y a moins de chances de les voir jamais s’accomplir. Le voyageur jouit par avance du moment où la Croix du Sud et les Nuées de Magellan qui tournent autour du pôle Antarctique, où les neiges du Chimborazo et les colonnes de fumée qui s’échappent des volcans de Quito s’offriront pour la première fois à ses regards sur l’océan Pacifique, Les jours qui réalisent de tels voeux marquent dans la vie des époques dont le souvenir est ineffaçable; ils excitent en nous des sentiments dont la raison n’a pas à exprimer la vivacité. Dans l’impatience où j’étais d’embrasser l’océan Pacifique du haut de la chaîne des Andes entrait pour quelque chose l’intérêt avec lequel j’avais écouté, étant encore enfant, le récit de l’expédition accomplie par Vasco Núñez de Balboa, l’heureux aventurier qui, devançant Francisco Pizarro, et Francisco Pizarro, et le premier des Européens, put contempler des hauteurs de Quaregua, dans l’isthme de Panama, la partie orientale de la mer du Sud. Les rives couvertes des roseaux de la mer Caspienne, à l’endroit où je la vis pour la première fois, ne sont assurément pas pittoresques; et cependant cet aspect me causa d’abord un vif plaisir, parce que je me souvenais que dans mon enfance, lorsque je parcourais des yeux une carte de géographie, la forme de cette mer intérieure m’avait particulièrement attiré. Les sentiments éveillés en nous par les premières impressions de l’enfance et par les hasards qui naissent des relations de la vie deviennent souvent, lorsqu’ils prennent dans la suite une direction plus sérieuse, l’occasion de travaux scientifiques et d’expéditions lointaines.”
 
Alexandre de Humboldt
 
Relation historique du Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent, fait en 1799, 1800, 1801, 1802, 1803 et 1804 par A. de Humboldt et A. Bonpland, réd. Par A. de Humboldt, 3 vol. Paris, 1825. 
 
 
Antonio Raimondi (Milan 1826 - Pacasmayo 1890) : voyages dans la région de Parinacochas
 
Naturalista y viajero italiano. Pasó al Perú en 1859, fue profesor en la Facultad de Medicina de Lima, y recorrió el país en toda su extensión estudiendo la geografía, la fauna y la flora, la mineralogía, etc. Resultado de la veintena de años que duraron sus viajes de estudio e investigación, fueron la formación de valiosas colecciones de insectos, plantas, armas, etc., y la obra descriptiva El Perú, muy apreciada. Nació en Milán en 1826 ; murió en S. Pedro de Pacasmayo en 1890.
 
Lomas de Atiquipa
 
De esta hacienda pasé á conocer las mentadas lomas (1) de Atiquipa, viendo de paso el ruinoso pueblo de Yauca.
Pasé con gran placer nueve dias en el pueblecito de Atiquipa, haciendo numerosas excursiones en sus cercanias, marchando sobre un terreno cubierto de un tapiz de verdura, esmaltado de las mas brillantes y variadades flores ; recorrí por todos lados aquel laberinto de quebraditas bañadas en aquella época por cristallinos arroyos ; subí hasta la cumbre de aquellos cerros envueltos en densas neblinas, cuya humedad hace brotar la vida donde poco antes aparecia la mas desolante aridez ; recogiendo por todas partes copiosa mies para mi herbario, hasta que las continuas garuas (2) de aquel año hicieron del suelo arcilloso de Atiquipa un profundo fangal, y minaron hasta los cimientos de la pequeña iglesia, cuyas paredes cayeron al suelo.
Salí de aquel delicioso lugar, continuando mi marcha hácia el puerto de Chala, y pasé de allí al pueblo del mismo nombre, que no tiene de notable sino seis añejos olivos, que pasan de ciento cicuenta años de edad, y sus variadas guayabas.
 
Quebradas de Chapara, Caravelí y Ocoña
 
De Chala me dirigí á la hacienda de Caramba y pueblo de Chapara, cuyo cultivo principal es la parra, fabricandose con su uva un vino bastante estimado. Continué por la quebrada al pueblo de Quicacha, y de allí pasé á Sondor y a la grande población de Caraveli, cuyos habitantes se dedican á la fabricación de los odres para transportar el aguardiente, y para esta extraña industria desuellan vivos, enteras manadas de de inocentes cabritos, que llenan el aire con sus tristes gemidos ( )
 
(El Perú, Tomo I, Cap. IV, Quebradas entre Ica y Tacna. – Viaje al Departamento de Puno. – Navegación por el Lago de Titicaca, 1863-1864)
                     
Provincias de Parinacochas y Lucanas
 
De Huayllura seguí mi viaje hácia la población de Sayla, situada sobre una meseta elevada y fria, y escasa de total clase de recursos. Luego bajé á Sayna, pueblo muy escaso de agua, pero de buen temperamento y continué mi marcha á Nauquipa y Cahuacho, anexos del pueblo de Caravelí de la provincia de Camaná, divisando desde el punto culminante del camino, ademas d los nevados Coropuna y Solimana, un tercer coloso, el Sara-sara, perteneciente a la provincia de Parinacochas ; otro resto de la gran cadena volcánica que acabo de citar.
En las partes elevadas vi tambien numerosas tropas de graciosas vicuñas y algunos guanacos.
Seguí hacia el caserio de Ayroca, que por intereses particulares ha sido separado de Caravelí para agragarlo al distrito de Pauza de la provincia de Parinacochas, cometiendo una verdadera anomalia y fomentando continuos pleitos entre los habitantes de este lugar con los de Cahuacho. Pasé al pié del Sara-sara, marchando sobre un terreno de piedra pómez y traquita, que me indicaba del modo mas patente la naturaleza volcánica del gran nevado. Continué caminando por la vasta pampa de Parinacochas cerca de la bella laguna que lleva el mismo nombre, que es una abreviadura de Parihuana-cocha ó laguna de los flamencos (Phœnicopterus andinus), derivándose dicho nombre de dos palabras quechuas, Parihuana, flamenco, y Cocha, laguna. Con efecto, es muy comun ver en la orilla de aquel tranquilo lago un gran número de estas extrañas aves, con su largo pescuezo rosado y parte de sus alas color de fuego.
Dejando el pueblo de Incahuasi á la izquierda y el mineral de la Brea á la derecha, que ya habia visto en otro viaje, llegué a la población de Chumpi.Volví á recorrer una gran parte de las provincias de Parinacochas y Lucanas para ver muchos lugares que no conocia, en cuya ocasión tuve que pasar otra vez por las poblaciones de Coracora, Chaviña y Puquio ( )
 
(El Perú, Tomo I, Cap. IX, Viaje á los departamentos de Arequipa y Ayacucho. – Regreso á Lima, 1865-1866)
 
 
Maria Koepcke (Maria Emilia Ana von Mikulicz-Radecki)
 
María Emilia Ana von Mikulicz-Radecki fue el nombre de esta científica alemana que naciera el 15 de mayo de 1924 en Leipzig. Hija de un maestro universitario y descendiente de la más alta nobleza polaca, obtuvo su doctorado en ornitología en las mejores universidades europeas, destacando como magnífica estudiante.
Llegó al Perú en 1950, tras el llamado de su novio Hans Koepcke, quien le había ofrecido una buena oportunidad para la aplicación de sus conocimientos científicos "en un país maravilloso". Poco tiempo después María y Hans se casaron, empezando a trabajar juntos en los laboratorios del Museo de Historia Natural "Javier Prado".
Para una ornitóloga, viajera, coleccionista, dibujante y fotógrafa consumada como María, y un estudioso de la vida silvestre y ecologista como Hans, su esposo, realizar estudios en el Perú era un verdadero privilegio, pues nuestro país ostenta el 2º récord mundial de aves con cerca de 1800 especies, de las 8500 o más que hay en el mundo.
 
María empezó sus investigaciones en   los bosques de Zárate, cerca de Lima, donde provista de redes trampa y largavistas, descubrió una nueva especie de ave para la ciencia, a la que llamó Zaratornis.
Concluido su primer trabajo en los alrededores de Lima, publicó el libro "Las Aves del Departamento de Lima" que ha devenido en un clásico de la ornitología, en el cual incluyó sus propios dibujos y fotografías.
Posteriormente, Hans y María se dedicaron a viajar por todo el Perú, tras los que publicaron veintidós trabajos en alemán, inglés y español sobre las aves de nuestro país, y once sobre la fauna y el medio ambiente nacional, gracias a los cuales fueron ganando un merecido prestigio internacional.
Esta científica conoció tan bien a las aves peruanas, que se convirtió en nuestra principal representante en múltiples eventos ornitológicos del mundo. María Koepcke falleció el 24 de diciembre de 1971 en un trágico accidente aéreo ocurrido en los cielos de la Amazonía. Ella dedicó su vida entera a la investigación de nuestra avifauna dejándonos un importante legado.
 
 
© Textes : Pierre-Olivier Combelles 
 

[1] En el Perú, comunmente no se usa la palabra Loma para indicar una eminencia de terreno ó un cerro poco elevado, sino para mostrar con ella la vegetación que se desarrolla en tiempo de invierno en los cerros de la Costa, siendo común oir decir, este año hay buenas lomas, ó tambien no hay lomas.
[2] Se da este nombre en el Perú á la fina lluvia que cae en la Costa durante la estación del invierno.

Par Pierre-Olivier Combelles - Publié dans : Domaine Pitunilla (Pérou)
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Hacienda Pitunilla (ex Costa Rica)
Chumpi, Prov. Parinacochas, Dépt. Ayacucho, Pérou
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Tel:  00 511 331 10 74
 
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